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Mouvements standard ou de manufacture

Robert-Jan Broer
30.11.2016
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Robert-Jan Broer
30.11.2016

 

Lorsque Swatch Group a déclaré qu’il allait mettre un frein à sa production de mouvements ETA (sans l’arrêter définitivement) destinés aux marques horlogères autres que celles du groupe, l’annonce a eu l’effet d’un coup de tonnerre dans les milieux concernés. Sans nous arrêter trop longuement sur les implications et les anecdotes relatives à cet événement, contentons-nous de préciser qu’un certain nombre de marques horlogères a pris la décision de concevoir et de produire ses propres mouvements.

Depuis l’annonce faite par le groupe, des fabricants tiers de mouvements (Sellita, Soprod, etc.) enregistrent probablement une croissance à deux chiffres. Les marques du groupe Richemont se sont ainsi mises à fabriquer leurs propres mouvements (IWC, Panerai) ou à faire appel à des sous-traitants comme Sellita pour garder le contrôle sur cette partie de la production. Jaeger-LeCoultre, qui a toujours cherché à concevoir et à produire ses propres mouvements, approvisionne même d’autres fabricants comme Audemars Piguet.

 

 

Au sein du Swatch Group, on distingue les marques qui choisissent d’utiliser leur mouvement ETA et celles qui conçoivent leurs propres mouvements (la production a souvent lieu sur l’un des sites ETA). Des marques du groupe comme Certina, Tissot et Longines emploient des mouvements ETA, dont certains leur sont exclusivement destinés. Omega, Blancpain et Breguet cherchent avant tout à concevoir et à fabriquer leurs propres mouvements en interne.

Rolex utilise des mouvements maison depuis longtemps, exception faite de ceux qui animaient ses chronographes Daytona avant 2000 (signés Zenith et Valjoux). Sa consœur Tudor s’est mise à équiper certaines de ses montres de mouvements de manufacture en avril 2015, mais la plupart de ses modèles sont toujours dotés de mouvements ETA.

Autre exemple intéressant chez Zenith, l’une des premières sociétés à avoir présenté un mouvement chronographe automatique, en 1969. Zenith est entrée dans l’histoire avec ses mouvements El Primero, qui ont équipé bien d’autres marques (Rolex, Ebel, TAG Heuer, etc.). Mais lorsqu’elle a pris la décision de doter sa nouvelle montre Pilot d’un mouvement de chez Sellita, il y a de cela quelques années, la nouvelle s’est propagée comme une traînée de poudre et la marque n’a pas hésité longtemps avant de revenir sur sa décision.

Il y a pourtant deux marques pour lesquelles les décisions salutaires se sont fait attendre. D’abord, une grande marque prestigieuse, souvent associée aux chronographes et à la course automobile, qui s’est servie d’un design de chronographe japonais comme modèle pour son calibre « de manufacture » sans jouer la transparence. Et puis une petite marque qui a clamé haut et fort qu’elle utilisait un mouvement maison alors qu’il s’agissait d’un mouvement La Joux-Perret (détenu par Citizen). Lorsque des collectionneurs ont flairé la supercherie, la société en question a feint la surprise en expliquant qu’il s’agissait d’un malentendu.

 

Chronographe Longines Master

Chronographe Longines Master – Photo : Auctionata

 

Certaines marques tiennent donc désormais à préciser que les mouvements utilisés dans leurs montres sont bien fabriqués en interne. À l’inverse, des marques comme Longines sont très claires sur le fait qu’elles n’utilisent pas de mouvements maison, privilégiant des mouvements ETA « standard » afin de maîtriser leurs coûts et de rester relativement abordables.

Et oui, le sujet des mouvements mécaniques est délicat. Si vous vous sentez perdu, rassurez-vous. La seule chose vraiment importante à retenir est la suivante : le fait qu’un mouvement ait été fabriqué en interne plutôt que par un sous-traitant ne veut pas nécessairement dire que la qualité sera au rendez-vous. Les mouvements de manufacture ne sont pas un gage de qualité et ne valent pas forcément qu’on y mette le prix.

Il est vrai qu’un mouvement maison peut redorer le blason d’une société horlogère, en témoignant d’un certain savoir-faire ou de connaissances particulières. En revanche, il peut arriver qu’un mouvement récent conçu par Omega, IWC, Breitling ou Tudor présente des défauts, notamment sur un modèle des premières générations ou des rééditions. Un bon vieux calibre comme l’ETA2892-A2 a, lui, largement fait ses preuves depuis son lancement, en 1982. À vous de voir ce qui compte le plus pour vous. Dans tous les cas, mieux vaut vous renseigner sur le mouvement de la montre que vous convoitez et sur ses défauts ou problèmes de qualité éventuels. La plupart du temps, les blogs et forums dédiés aux montres s’en font rapidement l’écho.

 

A. Lange & Söhne Lange 1

Lange 1 A. Lange & Söhne – Photo : Auctionata

 

A. Lange & Söhne (Groupe Richemont) est l’exemple type de société qui accorde une grande importance aux mouvements. Il n’est donc guère surprenant de voir que certains clients se tournent vers cette marque pour sa réputation en la matière. À cet égard, A. Lange & Söhne ne joue pas dans la même cour que la plupart des autres marques de l’industrie horlogère.

Enfin, rendons leur juste place aux mouvements fabriqués au Japon plutôt qu’en Suisse ou en Allemagne. Certaines marques confidentielles semblent avoir une préférence pour les mouvements signés Mioyta (Citizen) ou TMI (Seiko). La raison est double : d’une part il est facile et peu coûteux de se les procurer, de l’autre ces mouvements sont synonymes de qualité, preuve qu’elle n’est pas réservée à la production suisse ou allemande. Seiko utilise ses propres mouvements, notamment les calibres Grand Seiko et Credor dont la réputation n’est plus à faire, même en Suisse.

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